jeudi 30 avril 2015

Un Bourmontais blessé aux Eparges en lice pour le Prix Goncourt

Le député Fribourg (source : site de l'Assemblée nationale). Jean-Marie Chirol l'avait noté en 1997 dans le numéro 3 de «Dossier 52». En 1917, un écrivain combattant, André Fribourg, obtenait quatre voix au sein du jury du Prix Goncourt. Il était en lice pour son ouvrage «Croire». Première coïncidence : ce candidat avait vu le jour à quelques kilomètres du village de Goncourt. A Bourmont, précisément. Deuxième coïncidence : le lauréat, Henry Malherbe, était édité par Albin Michel... né à Bourmont. André Fribourg était né le 20 novembre 1887 dans la patrie d'Edmond Haraucourt («Partir c'est mourir un peu»), de Lucien-Lazard Fribourg, licencié en droit, receveur de l'enregistrement, et Lucie-Berthe-Madeleine Veil. Professeur agrégé, le Haut-Marnais enseignait au lycée de Nantua, dans l'Ain, lorsqu'il a été mobilisé en août 1914 au 106e régiment d'infanterie de Châlons-sur-Marne. C'est le régiment d'un illustre écrivain : Maurice Genevoix. Fribourg n'y sert pas longtemps. Son régiment est affecté le 14 octobre 1914 dans le fameux secteur des Eparges (Meuse), et ce «brave soldat» est blessé rapidement au bois des Chevaliers. Dès 1917, la Revue des Deux-Mondes précise qu'il a «perdu l'odorat, le goût, les trois quarts de l'acuité visuelle» à la suite de cette blessure. Réformé le 26 août 1915, rappelé à l'activité en mars 1916, le soldat Fribourg était titulaire de la croix de guerre avec citation, de la médaille militaire, et il sera fait membre de la Légion d'honneur en 1930 (officier en 1946). Lui qui a enseigné au lycée Henri IV sera député de l'Ain de 1919 à 1926. Il décède à Paris le 27 septembre 1948. Pour mémoire, deux Haut-Marnais ont obtenu le Prix Goncourt, et d'ailleurs deux années de suite : Maurice Constantin-Wayer, de Bourbonne, en 1928, et Marcel Arland, de Varennes-sur-Amance, en 1929.

mercredi 8 avril 2015

1915 : deux enfants du Pays de Langres chefs de bataillon du 9e zouaves

27 septembre 1915. Ripont, près de Suippes, dans la Marne. Le 9e régiment de zouaves du lieutenant-colonel Marc Mingasson est engagé dans les combats de Champagne. Particularité de ce corps, qui a été mis sur pied en Gironde en septembre 1914 comme «régiment de marche de zouaves de la 3e brigade du Maroc» : deux de ses trois chefs de bataillon sont originaires du Pays langrois. Le 1er est, depuis juillet 1915, aux ordres d'un fils d'officier né à Langres, Louis Koch, 45 ans. Ce Saint-Cyrien vient d'un illustre corps : le Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE). Le 3e a pour chef un enfant d'Ormancey, près de Langres également : Arsène Petitot, 47 ans. Fils de cultivateur, l'homme était membre de la Légion d'honneur depuis 1908, comme capitaine au 1er régiment de zouaves. Il a reçu la croix d'officier le 21 mai (il a été promu en octobre 1914), dix jours après avoir pris le commandement du bataillon, quelques jours après que son unité ait perdu 49 tués et 185 blessés lors de violents combats sur l'Yser, en Belgique. Parmi les commandants de compagnie de Petitot, un futur héros de la Seconde Guerre mondiale : le capitaine Joseph de Goislard de Monsabert, 28 ans. Ce 27 septembre 1915, donc, c'est l'offensive des zouaves, affectés à la 153e DI, contre Ripont. Le journal de marche du régiment note : «L'attaque fixée primitivement à 14 h est repoussée à 16 h par suite de la violence du tir de l'artillerie ennemie, qui cause des pertes sensibles». Parmi elles, deux chefs de bataillon : Petitot et Prunis. Le lieutenant-colonel Mingasson tombe également ce jour-là. Koch, lui, est indemne. Ce n'est que partie remise : décoré de la Légion d'honneur le 24 août 1915 près de Saint-Nicolas-de-Port, en Lorraine, il est touché le 6 octobre à Massiges, ainsi que le précise le journal de marche du 9e zouaves : «Le bataillon Koch repart à l'attaque à 6 h 50. Le commandant Koch est blessé aussitôt». Cessant de servir en 1917, le commandant Koch décédera dix ans plus tard. Durant ce conflit, plusieurs officiers de zouaves haut-marnais ont trouvé la mort : le capitaine Dufait, de Langres (3e régiment), tombé en 1914 dans l'Oise ; le capitaine Baronnier, de Créancey (4e zouaves), tué à Ypres en 1914 ; le lieutenant Ferrière, de Joinville (4e régiment), décédé à Royallieu en 1915 des suites de blessures ; le lieutenant Peltier, d'Harréville-les-Chanteurs (1er régiment), dans l'Oise en 1918 des suites de blessures ;