mardi 31 juillet 2012

Le colonel de Grouchy, chef des FFI haut-marnais

Emmanuel, Edmond, Marie de Grouchy naît le 20 septembre 1882 au château de La Ferrière-Duval (Calvados), fils de Georges de Grouchy, marquis, propriétaire, ancien capitaine d'état-major, et de Marie-Jeanne-Eugénie Lambrecht. Le nouveau-né est le petit-fils du général de division Alphonse de Grouchy, colonel de chasseurs à cheval à 24 ans, durant le Premier Empire, et donc l'arrière-petit-fils d'Emmanuel de Grouchy, maréchal d'Empire. Il embrasse la carrière militaire en s'enrôlant en 1901 au 67e régiment d'infanterie. Promu sergent deux ans plus tard, il intègre, comme élève officier, l'école militaire d'infanterie, en 1908. Sous-lieutenant le 1er octobre 1909, affecté au 28e bataillon de chasseurs à pied, lieutenant le 1er octobre 1911, Emmanuel de Grouchy est promu capitaine le 2 juillet 1915, et prend le commandement d'un bataillon du 129e régiment d'infanterie (un régiment normand) le 15 juin 1918. Il n'a que 35 ans. Chef de bataillon à titre temporaire le 2 septembre de la même année, il rejoint le 153e RI après l'armistice. Lui qui s'est battu en Alsace, sur l'Harmannvillerskopf, à Craonne a été blessé le 3 novembre 1914 par éclat à la jambe gauche. Chevalier de la Légion d'honneur depuis le 20 février 1915, officier le 2 octobre 1920, il sera élevé au grade de commandeur, le 31 décembre 1939, en qualité de colonel du 239e régiment d'infanterie, puis à la dignité de grand officier en 1949. Emmanuel de Grouchy se retire dès 1940 au château de Saint-Michel, dans le canton de Longeau. Selon le baron de l'Horme, il a hérité de cette propriété de Thérèse Thomas de Canouville, morte en 1939, veuve de son oncle Lambrecht. Contacté par les patriotes pour prendre la responsabilité de la Résistance dans le Sud de la Haute-Marne, ce membre de l'ORA (Organisation de Résistance de l'armée) sera, sous le pseudonyme de colonel « Michel », le commandant départemental des Forces françaises de l'intérieur. Il décède à Saint-Michel, village dont il était maire, le 2 juin 1950. Il était l'époux de Jeanne-Elisabeth-Marie de Montaudouin, dont il eut deux enfants, parmi lesquels Hervé, capitaine. Source principale : dossier de membre de la Légion d'honneur d'Emmanuel de Grouchy.

vendredi 6 juillet 2012

Un "hommage" qui nous va droit au coeur

Un nouvel ouvrage vient enrichir, cet été, l'historiographie haut-marnaise. Le club Mémoires 52 ne peut que s'en réjouir : il est consacré à la Résistance dans le département, sujet cher entre tous pour trois de nos membres qui ont rédigé, voici cinq ans, « Résistance, répression, libération en Haute-Marne », paru aux éditions Dominique Guéniot. Cette œuvre avait rapidement connu son succès puisqu'elle a été épuisée un an et demi après sa parution. Preuve que le thème intéresse nos contemporains. Rien d'incongru, donc, à ce que soit proposée, en 2012, une troisième édition du « Livre d'or de la Résistance haut-marnaise », écrit en 1946 par Louis Hutinet. Le titre a beau avoir été légèrement modifié (on ne parle plus de Résistance haut-marnaise mais de Résistance dans la Haute-Marne, nuance), la couverture changée (elle n'est plus or, mais à dominante bleue) : le texte est le même. A une différence près : il est agrémenté d'une évocation méritée de l'action de René Pajot. Voilà qui a attisé notre curiosité. Tiens, tiens... Même retravaillé, l'article en question ressemble furieusement – doux euphémisme ! – à celui, inédit, que le club Mémoires 52 a consacré à cet acteur majeur de la Résistance haut-marnaise et qui a été mis en ligne sur son blog... Légèreté impardonnable : l'association n'a pas songé, un seul instant, à assortir cet article d'un copyright et d'une mention « droits de reproduction interdits sauf autorisation des auteurs » qui eussent été de bon aloi... Mais voyons la chose du bon côté : par l'« oubli » de nous créditer de la paternité des informations contenues dans cet article, « oubli » non intentionnel n'en doutons pas, la maison d'édition en question, qui propose à 32 euros (210 F) une troisième version d'une brochure ancienne de 66 ans, rend hommage, involontairement, au sérieux du travail de recherches mené par le club Mémoires 52 depuis 20 ans. Car par pudeur, sans doute, ce genre de coups de chapeau est délivré, ici, en Haute-Marne, avec parcimonie... Le président, Lionel Fontaine