mercredi 28 juillet 2010

Une page d'histoire oubliée : l'internement des nomades dans le fort de Peigney



Le fort de Peigney, où ont été concentrés les nomades entre septembre 1942 et septembre 1943 (collection CM 52).


A l’heure où le gouvernement se penche sur la question des gens du voyage et des Roms, il n’est pas inutile de rafraîchir la mémoire de nos contemporains sur une page d’histoire méconnue de l’Occupation en Haute-Marne : l’internement de nomades dans le fort de Peigney, près de Langres.

Une page révélée au grand public, en 2002, par Le Journal de la Haute-Marne, s’appuyant sur les recherches effectuées par Jean-Marie Chirol dans les archives. Voici ce que le président fondateur du CM 52 écrivait dans un ouvrage toujours inédit, « 1942 en Haute-Marne » :

« Les « Fils du vent » ou « gens du voyage », comme on les nomme aujourd’hui, représentent depuis fort longtemps une minorité qui vit en marge de nos sociétés traditionnelles. Ce sont des itinérants, des nomades, qui échappent, parfois, aux obligations légales des pays traversés. De là, en temps de guerre, à vouloir les contrôler, les surveiller, de façon stricte, il n’y a qu’un pas. Et ce pas, au nom de la peur, est vite franchi. Il l’est déjà le 16 juillet 1912 par une loi réglementant sévèrement l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades.

Son application durant la guerre de 1914-18 est très rigoureuse. Puis viennent d’autres textes :
. décret du 6 avril 1940 (au cours de la « Drôle de guerre »), signé par le président de la République, Albert Lebrun, sur la loi du 16 juillet 1912, mais qui est beaucoup plus draconien ;
. ordonnance allemande du 14 octobre 1940.
Le recensement des populations concernées s’effectue au cours de la période comprise entre le 11 avril et le 4 novembre 1940.
A la suite du recensement, les familles en cause sont assignées à résidence forcée dans différentes localités du département, selon un arrêté préfectoral du 31 janvier 1941.

La concentration de ces personnes a lieu ensuite dans un campement provisoire, dans le canton d’Auberive, sur le territoire de la commune de Germaines, du 7 novembre 1940 au 1er septembre 1941. L’emploi de la population masculine est facilité par la proximité de la forêt. A l’approche de la mauvaise saison, 61 nomades jusqu’alors regroupés à Germaines sont déplacés au nord-est de Langres, au fort de Peigney.
Ce fort, désaffecté, est alors situé en zone interdite. En effet, le canal de la Marne à la Saône constitue la limite entre zone interdite et zone occupée.

Le contrôle des concentrés est effectué par la gendarmerie.
En dépit de travaux réalisés à l’intérieur du fort (dont la construction s’achève en 1872) avant et pendant le départ des nomades, l’état des lieux est pitoyable. La décision, compte tenu de ce fait, est prise de les regrouper dans le département du Doubs, à Arc-et-Senans, le 11 décembre 1942, par le ministère de l’Intérieur de Vichy… La majorité des familles quitte le fort de Peigney entre fin décembre 1942 et janvier 1943… D’autres partent en avril et puis les derniers, en juillet… Le camp ferme à la mi-septembre 1943…

Nous ignorons si, parmi les « nomades » qui se trouvaient en Haute-Marne, des déportations vers des camps allemands ont été ou non opérés… »


Post scriptum : quelques mois après la publication de notre article mettant un terme à 60 ans de silence, la préfecture de la Haute-Marne organisait une cérémonie dans le fort de Peigney à la mémoire des nomades. Une manifestation du souvenir évidemment légitime. Dommage qu’à cette occasion, l’on ait « oublié » d’inviter celui qui a révélé cette page d’histoire : Jean-Marie Chirol, le président fondateur du club Mémoires 52…

mardi 27 juillet 2010

Retour à La Colotte


Dans de précédents messages, nous avons évoqué l'histoire du maquis de Troisfontaines, et notamment l'aide que lui ont apporté les membres de la famille Leclercq. Nous sommes récemment revenu sur ces lieux et avons pris cette photo.

On aperçoit, à gauche, le poteau indicateur situé à un carrefour de routes forestières mentionnant les directions de Troisfontaines, Sermaize, Mogénville... A droite, les vestiges d'un bâtiment du camp de munitions américain de Troisfontaines, implanté dans la forêt dans les années 50. La maison forestière était située à cet endroit.

Pour gagner le lieu-dit La Colotte, il convient de quitter Troisfontaines-l'Abbaye puis de tourner à gauche, après avoir pris la direction de Beurey-sur-Saulx, pour emprunter une route forestière en mauvais état. Plus sûrement, on peut aussi passer par le bourg de Sermaize-les-Bains : à partir de là, la chaussée est mieux adaptée aux véhicules.

vendredi 23 juillet 2010

Officiers supérieurs haut-marnais de la guerre 14-18

Grâce aux archives de l'auteur, du ministère de la Défense (base "Mémoire des hommes") et du ministère de la Culture (base "Léonore"), nous avons cherché à dresser une liste des officiers haut-marnais, de naissance ou d'adoption, de la Première Guerre mondiale. Voici le fruit - provisoire - de nos recherches.

Les colonels et lieutenant-colonels
Béligné Pierre-Albert (Langres 1856). Polytechnicien, il est lieutenant-colonel au parc d’artillerie de Versailles, en 1918.

Beurton Joseph-Jules-Louis (Wassy 1872 – Toulouse 1925). Chef de bataillon (1914), à 42 ans, à l’état-major du 17e corps, en 1917, il sera lieutenant-colonel, en 1920.

Bralet Joseph (Arc-en-Barrois 1863). Chef du bataillon du génie, en poste à Langres (1910), il est chef de service télégraphique aux armées (janvier 1915) à Sainte-Menehould, promu lieutenant-colonel en décembre 1915 puis colonel en septembre 1918.

Charpentier Eugène-Alphonse-Armand (Châtel-sur-Moselle, Meurthe 1859 – Aubigny-en-Artois 1915). Lieutenant-colonel au 224e RI, il meurt le 10 juin 1915 de suites de blessures. Figure sur le monument d’Aubepierre.

Collin Nicolas-Jules-Marcel (Colombey-les-Deux-Eglises 1860-Paris 1922). Colonel du 5e régiment d’artillerie, il est fait officier de la Légion d’honneur en mai 1915.

Favret Jules-Marie (Osne-le-Val 1860 – Paris 1929). Polytechnicien, lieutenant-colonel (1910), il commande le parc d’artillerie du 21e corps en 1914, notamment. Retraité en avril 1918, il passera colonel en décembre 1918 (commandera le 107e RAL). Officier de la Légion d’honneur.

Foissey Charles-Joseph (Chaumont 1861 - 1949). Polytechnicien, lieutenant-colonel (1913) du génie, il commande le génie du 15e corps. Colonel (avril 1916), il se retirera à Prez-sur-Marne.

Jobard Edouard, né à Ternat en 1856, lieutenant-colonel commandant le 60e RI territoriale, commandant le dépôt de prisonniers de guerre à Orléans, en 1915, mort à Dijon en 1932.

Wallut Maurice (Saint-Germain-en-Laye 1856 – Roye 1914). Colonel du 31e RA, il meurt le 27 septembre 1914. Son acte de décès est transcrit au Mans, mais son nom figure sur le monument d’Eclaron.

Les chefs de bataillon ou d’escadron
Biget Albert-Emile (Luzy-sur-Marne 1871 – Soissons 1915). Chef de bataillon au 44e RI, il est tué le 13 janvier 1915, à 43 ans.

Bodez André (Montier-en-Der 1866 – Turquie 1915). Saint-Cyrien, sous-lieutenant (1889), capitaine (1899), il a servi à Madagascar, en Crête, au Tonkin. Chef de bataillon au 58e RIC, il est tué le 7 mai 1915, dans la presqu’île de Gallipoli, à 49 ans.

Bulard Camille-Paul-Eugène (Cirey-sur-Blaise 1880 – en Hongrie 1919). Fils d’instituteur, Polytechnicien, capitaine (1911), officier du génie, il part pour l’Orient en janvier 1918. Chef de bataillon au 9e génie à 39 ans, il meurt de maladie le 8 avril 1919. Figure aussi sur le monument d’Harméville.

Cablan Pierre-Léon (Sommerécourt 1871). Il est promu chef de bataillon (février 1915) à 44 ans.

Camus Pierre-Alexis-Alfred (Louze 1853 - 1924). Chef d’escadron (1905), retraité (1908), il rejoint successivement le 8e RA (1914), le 60e RA (1915), le 16e RA (1917), le 259e RA (1917). Rayé des cadres en juillet 1918.

Caput Théodore-Gaston (Nogent 16 décembre 1873 - Nice 1961). Saint-Cyrien (sorti en 1896), capitaine (1909), il est chef de bataillon (1915) au I/109e RI, à 42 ans. Proposé chef d’état-major du général Vouillemin comme lieutenant-colonel à titre temporaire.

Darc Louis-Clément (Ville-sous-Laferté, Aube 1867 – Boureuilles 1915). Chef de bataillon au 46e RI, il est tué, à 48 ans, le 8 janvier 1915 dans la Meuse. Figure sur le monument de Laferté-sur-Aube.

Demongeot Marie-Joseph-Marcel (Langres 1869 – 1917). Chef de bataillon (1913) au 76e RI, à 44 ans, il meurt le 6 mai 1917. Il est soit tombé au combat (une stèle à la ferme Mennejean à Nanteuil-la-Fosse perpétue sa mémoire, mais le site Mémoire des hommes ne le recense), soit mort à Saint-Jean-de-Luz. A écrit un livre, « Citoyen et soldat ».

Dessofy de Czernek-et-Tarko Marie-Alexandre-Stanislas (Perrogney 1873 – Paris 1928). Chef de bataillon, il est chef du 114e BCA (1916). Sera colonel du 124e RI.

Foucot Antoine-Ernest (Bourmont 1850). Chef d’escadron d’artillerie (1906), il est affecté en 1914 au 37e RA, dont il sera major. Officier de la Légion d’honneur (1917), il vit à Héricourt (Haute-Saône) en 1922.

Gerboin Jean-Baptiste-Marie-Paul (Langres 1874). Blessé à Raon-l’Etape en 1914 comme capitaine au 20e BCP, il est promu chef de bataillon (avril 1918) au bureau de recrutement de Vesoul, à 44 ans.

Gigot Amédée-Camille (Coiffy-le-Bas 1866). Il est promu chef de bataillon à titre temporaire (mai 1914) au 285e RI, à 48 ans.

Gremillet Jules (Bourmont 1876). Chef de bataillon (décembre 1916) à 40 ans, il sert dans l’état-major de l’armée italienne. Note : un chef de bataillon Gremillet commande le 58e BCP.

Grouchy (de) Emmanuel-Edmond-Marie (Calvados 1882 – Saint-Michel 1950). Saint-Cyrien, sous-lieutenant (1909), capitaine (1915) au 28e BCP, il commande un bataillon du 129e RI (juin 1918). Chef de bataillon (août 1918) à 36 ans, il a été blessé le 3 novembre 1914. Sera colonel du 239e RI en 1939 et chef des FFI de Haute-Marne en 1944.

Guillaumet Jules-Eugène (Brachay 1860 – Maissin, Belgique 1914). Chef de bataillon au I/137e RI, il est tué le 22 août 1914, à 54 ans.

Habert Pierre-Hyppolite-Victor (Beaucharmoy 1867). Polytechnicien, chef de bataillon (1912) à 45 ans, il commande le génie de la 36e DI (août 1915). Blessé à Craonne, il est chef du parc du génie de la VIIe armée en 1918.

Hadet Jean-Baptiste-Ulysse (Thonnance-lès-Joinville 1862). Capitaine, il sert au 335e RI en août 1914, passe au 333e RI, avant d’être promu chef de bataillon à titre temporaire au 23e RI (octobre 1915) à 53 ans. Passé au 111e RIT en 1917, il est retraité en octobre 1918. Officier de la Légion d’honneur.

Harlee Jules-Ernest (Paris 1853 – Epinal 1914). Chef d’escadron au 8e d’artillerie au pied, il meurt le 19 décembre 1914 de maladie à Epinal. Son nom figure sur le monument de Bourbonne-les-Bains.

Jacquin Paul, né à Wassy en 1861, chef d'escadron d'artillerie retraité avant guerre, chef de groupe au 3e RAC, en 1917, mort le 1er septembre 1918 à Lorient.

Koch Louis, né à Langres en 1870, Saint-Cyrien, vient du régiment de sapeurs-pompiers, chef de bataillon (28 septembre 1914) au Régiment de marche de la Légion étrangère, passé au 9e régiment de marche de zouaves (juillet 1915), au 2e régiment de marche de zouaves, au 1er zouaves. Blessé le 6 octobre 1915 à Massiges, rayé des contrôles en juillet 1917.

L'Escale (de) Maurice, né à Langres en 1875, chef d'escadron (28 juin 1918) au 9e régiment de chasseurs, passé au 13e régiment le 6 novembre 1918. Sera colonel.

Le Bachellé Joseph-Etienne (Dommartin-le-Franc 1859 – Annequin 1914). Issu d’une famille de maîtres de forges, chef d’escadron au 10e dragons, il est tué le 13 octobre 1914, à 55 ans.

Lindecker Charles-Henri (Chaumont 1867 – Epinal 1914). Fils de boulanger, polytechnicien, il est officier du génie à Versailles, s’intéressant de très près à l’aérostation. Capitaine de 2e classe, il commande d’ailleurs la section d’aérostiers prenant part à la Campagne de Chine de 1900. Selon la revue « L’aérophile », le capitaine Lindecker, « seul au monde, a vu Pékin en ballon » à cette occasion. Chef de bataillon, il commande en second le 2e groupe aéronautique à Reims, et doit présider, en 1913, l’inauguration de la station d’atterrissage de Chaumont, située au lieu-dit La Vendue. Affecté au 1er groupe d’aérostation, chef du port d’attache d’Epinal, il est mortellement blessé, dans son automobile, par une sentinelle à l'entrée de cette ville et meurt le 16 novembre 1914 à l’hôpital Saint-Maurice d’Epinal. Membre de la Légion d’honneur, une rue de Chaumont porte son nom.

Mathieu Paul-Charles (Ormancey 1868 – Quincy 1917). Chef de bataillon au 21e RIC, il est tué le 16 avril 1917, à 49 ans.

Maugras Louis-Ernest-Henri (Bricon 1876 – Mort-Homme 1916). Chef de bataillon au 162e RI, il est porté disparu le 20 mai 1916, à 40 ans.

Perdreauville (de David de) Charles-Henri-Edouard (Echenay 1861 – Troyes 1914). Chef de bataillon au 138e RI (chef du II/138e), il meurt des suites de ses blessures (le 2 septembre vers Sommepy) à l’hôpital de Troyes, le 9 septembre 1914, à 53 ans.

Petitot Louis (Ormancey 1868 – Ripont 1915). Chef de bataillon au 9e zouaves, il est tué le 27 septembre 1915 à Ripont (Marne), à 47 ans. Son acte est transcrit à Marac, et son nom figure sur le monument de Chameroy.

Serdet Arthur-Joseph-René (Claudon, Vosges 1875 – 1970). Originaire de Saint-Dizier, Saint-Cyrien (promotion « Première des grandes manœuvres »), il est chef de bataillon du 13e BCA, en 1916 (il a alors 41 ans). Sera général de division.

Torlotting Adolphe-Gilbert-Henri (en Moselle 1865 – Dugny 1916). Chef de bataillon au 3e zouaves, il meurt le 16 juillet 1916 à Dugny (Meuse), à 51 ans. Figure sur le monument de Doulevant-le-Château.

Varroquier Charles-Louis (Bettancourt-la-Ferrée 1872 – Villers-Châtel, Pas-de-Calais 1915). Chef d’escadron, membre de l’état-major du 33e corps, mort des suites de blessures de guerre le 19 mai. Jugement transcrit à Provins.

Virsay (Louis-Henri-Prosper Palustre de), né à Wassy en 1865, mort en 1924. Saint-Cyrien, capitaine retraité en 1911, il sera chef de bataillon au 50e RI. Officier de la Légion d'honneur, il décède en 1924.

jeudi 22 juillet 2010

Premières victimes haut-marnaises de la Première Guerre mondiale

Chacun sait que le premier mort officiel de la guerre de 14-18 est le caporal André Peugeot, du 44e RI, tué lors d'une escarmouche le 2 août 1914, à Joncherey, dans le Territoire-de-Belfort. Nous avons cherché, de notre côté, à connaître le nom du premier mort haut-marnais du conflit, en compulsant patiemment les bases Internet « Mémorial genweb » et « Mémoire des hommes », celle-ci mise en ligne par le ministère de la Défense.

A notre connaissance, cette triste qualité revient au soldat Germain Dangois, du 51e régiment d’infanterie territoriale. Né à Serqueux en 1871, il a trouvé la mort dans son département natal, à Plesnoy, le 5 août 1914, victime du « tamponnement » (sic) d’un train.

Quant aux morts au front, nous en avons identifié trois, tombés le 9 août 1914 en Alsace : les soldats Georges-Albert Brousset, né en 1883 à Cerisières, du 149e RI (d’Epinal), mort au Renclos des Vaches, et Lucien Cherot, né à Voillecomte en 1893, du 149e également, tué à Wissembach ; le soldat René Meilley, né à Villiers-le-Sec en 1890, du 152e (de Gerardmer), tombé à Luspach.

Concernant le premier officier haut-marnais mort pour la France, il devrait s’agir du sous-lieutenant Abel-Alfred Morat, né à Dommartin-le-Saint-Père en 1891, servant au 109e RI de Chaumont : il tombe lors du meurtrier combat de La Plaine, dans les Vosges. Son compatriote Paul-Jean-Nicolas Robert, né à Rouvroy-sur-Marne en 1887, également sous-lieutenant au 109e, meurt trois jours plus tard à l’hôpital de Saint-Dié, des suites de blessures de guerre. Au total, plus de 210 officiers nés ou domiciliés en Haute-Marne trouveront la mort lors du premier conflit mondial.

mercredi 7 juillet 2010

Des pilotes haut-marnais de la Der des der




Le lieutenant Brétillon, crédité de sept victoires homologuées.

En complément de notre dernier article sur les origines haut-marnaises du commandant de Tricornot de Rose, père de l’aviation de chasse, voici quelques évocations de pilotes de la Der des Der originaires du département.

Né à Eurville en 1895, Roger Brétillon, maréchal des logis d’artillerie, breveté pilote, sert successivement dans les escadrilles N 79 (1917) et SPA 49. Il est crédité de sept victoires homologuées entre le 18 mars 1917 et le 21 octobre 1918, dont six la dernière année de guerre, qu’il termine comme lieutenant. Il a été notamment été blessé en combat aérien le 10 décembre 1917. Membre de la Légion d’honneur, capitaine (1937), il se retire à Latrecey où il décède. Ses parents résidaient ensuite à Roches-sur-Rognon.

Edmond-Joseph Goldschmit voit le jour le 1er février 1888 à Vecqueville. Son père, Joseph, est alors cultivateur à la ferme de Sossa. Sa mère porte un nom prédestiné pour un futur pilote : Isabelle Sommer. Au début de la guerre de 1914, il est sous-lieutenant dans le 5e escadron du 5e hussards. Il est lieutenant pilote à l’école d’aviation de Pau (Pyrénées-Atlantique) lorsqu’il trouve la mort le 27 juin 1917, dans une chute d’avion sur le territoire de cette ville. Son nom figure sur le monument aux morts de Joinville.

Gaston-Emile Guidon est né le 11 juin 1893 à Osne-le-Val. Engagé en 1902 à Nancy, servant au 3e tirailleurs algériens à Bône, adjudant (1912), il est breveté pilote en 1913 (brevet n° 1 497). Passé au 1er groupe aéronautique à Versailles la même année, à l’escadrille BL 18 (en avril 1914), blessé aux jambes le 25 août 1914, chevalier de la Légion d’honneur deux jours après, on le retrouve à l’escadrille BL 9, puis il est promu adjudant-chef en mars 1915. Pilote convoyeur, il meurt le 15 décembre 1916 à Dugny des suites de blessure, après la chute de son appareil. Ses parents résidaient à Longeville-sur-la-Laines.

Robert Massenet-Royer de Marancour voit le jour le 14 janvier 1880 à Chaumont. Fils de général et neveu du musicien, il entre en service en 1898. Breveté pilote civil en février 1914, servant au 9e dragons, il sera pilote sur Nieuport, servant successivement à l’escadrille N 69 (novembre 1915), qu'il commande comme capitaine, puis au GC 14. Crédité de huit victoires aériennes (la dernière le 1er novembre 1918, comme chef de bataillon, à 38 ans), lui-même sera général (il meurt en 1969). C’est, avec Brétillon, l’un des deux as français de la Première Guerre mondiale nés en Haute-Marne.

Jules Petre est né à Saint-Dizier en 1886. Venu de l’artillerie, il passe dans l’aviation en mai 1915, est breveté pilote le 29 septembre 1915. Maréchal des logis (1916), passé à la N 76 (12 août 1917), pilote au 2e groupe d’aviation, il est tué à l’ennemi le 23 septembre 1917 près de Berry-au-Bac (Aisne).

Eugène Gillet naît, selon les sources, à Chantraines en 1886 ou plutôt en 1889 à Légé (Loire-Atlantique). Mécanicien dans le civil, sergent (1915), il vient du 79e RI lorsqu’il rejoint l’aviation en janvier 1916. Pilote (mars 1916), il est aux commandes de Caudron à l’escadrille C 11 (juillet 1916) puis à la C 122 (octobre 1916). Son épouse est domiciliée à Sailly. Adjudant au 2e groupe d’aviation, il est porté disparu le 3 juillet 1918 à Blérancourt (Aisne).

René-Vivant Marlin
est né à Chaumont en 1887. Capitaine d’infanterie, il est pilote à l’escadrille MF 7 du 2e groupe d’aviation (février 1915). Selon le texte de sa citation, il est « parti en reconnaissance le 1er avril (1915) malgré un temps très défavorable, (et) a été victime d’un accident mortel ». Il meurt au bois de Selouze, dans la Meuse.

Jean Lanez est né en 1897 à Bellevue (Seine-et-Oise). Etudiant, il sert d’abord dans les chasseurs à pied puis, sous-lieutenant à titre temporaire (1915) puis lieutenant (juillet 1917), est breveté pilote le 12 septembre 1917. Il sert dans la N 87 en avril 1918. Après guerre, il ira travailler à Saint-Dizier où il se mariera. Résistant dans l’Aube, il sera déporté en avril 1944 à Buchenwald et décédera à Flossenburg.

Léon-Félix-Nicolas Laurent naît à Chalindrey en 1897. Ses parents résideront à Langres. Mécanicien, mobilisé en 1914, il sert dans le train des équipages lorsqu’il rejoint l’aviation en février 1916. Brigadier, pilote de Nieuport, il est affecté à l’escadrille C 61 en janvier 1917. Maréchal des logis au 2e groupe d’aviation, il meurt le 17 août 1917 à Avocourt (Meuse) dans la chute de son avion.

L’adjudant mitrailleur Robert-Joseph Laguesse naît à Joinville en 1890. Affecté au 3e groupe d’aviation (escadrille 66), il est tué au cours d’un combat aérien le 16 novembre 1916 dans la région de Péronne (Somme), avec le sergent Girard.

Homonyme d’un fameux pilote de chasse, Marie-Paul-Ferdinand-Robert Deullin est Bragard. Né en 1893, il est maréchal des logis au 60e régiment d’artillerie lorsqu’il rejoint l’observation aérienne, en novembre 1915. Affecté à l’escadrille MF 36 en mai 1916, promu sous-lieutenant en septembre 1917, il contribue à une victoire sur un appareil ennemi. Deullin sera breveté pilote en janvier 1919.

Comme l’as Brétillon, Adrien-Constant Fétu est natif d’Eurville. Mobilisé à 20 ans, en septembre 1914, au 1er groupe d’aviation, il est breveté pilote sur Nieuport en mars 1915. Caporal dans l’escadrille MS 49, puis sergent, passé dans l’escadrille N 26, il est promu adjudant au titre de l’armée serbe. Médaillé militaire en février 1916, il est, après la guerre, garagiste à Versailles. Mais sa passion de l’aéronautique ne l’abandonne pas. Il meurt prématurément, en 1922, des suites d’une chute d’un planeur dans le Puy-de-Dôme. Le Haut-Marnais Fétu est d’ailleurs considéré comme la première victime du vol à voile français. Il sera fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume en 1923.

S’il naît à Lyon en 1892, Alfred-François Lemut est le fils d’habitants du château de Bienville. Breveté pilote, il rejoint l’escadrille MF 385 qui sert en Orient. Selon la revue « L’Aérophile », il est « tué glorieusement en combat aérien, en entraînant son adversaire dans sa chute ». Cette mort aux commandes d’un Nieuport survient le 18 février 1917, en Serbie.

Georges Andriot naît à Consigny en 1895. Collégien à Wassy, agent voyer à Chaumont, membre du Club sportif chaumontais, il s’engage au 6e dragons en 1914. Détaché au 1er groupe d’aviation (juillet 1917), il est breveté pilote en octobre (numéro 7 163). Meurt accidentellement le 14 décembre 1917 à Cazaux dans la chute de son avion.

Maurice Masson-Regnault naît à Chalindrey en 1897. Collégien à Langres, passé par le Prytanée militaire de La Flèche puis par Saint-Cyr, il s’engage en 1915, est promu aspirant en 1916, et passe dans l’aviation en septembre 1917. Grièvement blessé en combat aérien le 9 août 1918, il commande après la guerre l’escadrille Br 221. Colonel de réserve, il fonde plusieurs compagnies : Air-Algérie, Air-Maroc, Gyra-Afrique et Gyrafrance. Son gendre sera général d’aviation. Mort en 1975.

Né le 15 avril 1886 à Saint-Dizier, fils de mécanicien (habitant rue des Montants), Paul Lenfant est appelé au service militaire en 1907, au 10e génie. Mécanicien dans le civil, domicilié à Paris, il obtient le brevet de pilote n°731 le 18 janvier 1912. Sergent pilote de Caudron, il rejoint l’escadrille C 17 en septembre 1915, en provenance de Pau. Après le conflit, membre des Vieilles tiges, il est situé, en 1924, comme directeur du Service des courses des autos Benjamin. Marié à Paris en 1930, il meurt à Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales) en 1963, à l’âge de 77 ans.
Paul Lenfant était le frère d’un autre pionnier de l’aviation : Louis-Edouard, né le 30 avril 1876 à Saint-Dizier. Celui-ci a décroché le brevet de l’Aéro-club de France n° 386, le 3 février 1911, sur appareil Hanriot. La fameuse revue L’Aérophile – puis la presse anglo-saxonne - signalera que le 6 avril de la même année, Lenfant, toujours sur monoplane Hanriot, a enlevé trois passagers, soit un total de 332 kg de charge utile. L’année suivante, le Bragard a été sollicité par l’industriel auvergnat Michelin pour lancer sa brochure « Notre avenir est dans les airs ». Membre des Vieilles tiges, domicilié dans les années 20 à Viroflay, Louis-Edouard Lenfant, qui s’était marié en 1900 à Paris, est décédé à Dinard, en Ile-et-Vilaine, en 1948.

Né en 1895 à Rémont (Aisne), le lieutenant Eugène-Alfred Barbier, militaire avant la mobilisation, devient pilote sur Caudron le 18 avril 1815. Il sert successivement dans les escadrilles C 13 (avril 1915), C 28 (avril 1916) et C 46 (juillet 1916). Lieutenant, il trouve la mort accidentellement le 2 juillet 1917, à Lagny-le-Sec (Oise). Son épouse vivait alors à Hallignicourt. Il était titulaire de la médaille militaire (août 1915), de la Croix de guerre, et il était chevalier de la Légion d’honneur (janvier 1917).

Aimé-Lucien et Robert-Edmond Thomassin sont deux frères : ils sont nés à Droyes, le premier le 16 février 1889, le second le 19 octobre 1894. Négociant, Aimé-Lucien, sergent depuis juin 1915, devient élève pilote le 19 août 1916, pour être breveté le 7 janvier 1917. Adjudant (mars 1918), il sert dans les escadrilles C 226 (mars 1917) et BR 216 (juin 1918). Mobilisé en septembre 1914, Robert-Edmond, caporal en novembre 1916, apprend à piloter à compter du 22 mars 1916 et devient pilote sur Nieuport le 22 septembre 1916. Ses affectations : les escadrilles N 312, N 26 et N 97 (juillet 1917).

Si Pierre Scordel est né à Paris en 1897, sa mère vit, pendant la guerre, à Chaumont. Etudiant, il s’engage en 1915. Elève pilote le 15 septembre 1916, breveté le 6 décembre, il rejoint l’escadrille 262 en avril 1918. Il s’agit peut-être du futur président de l’Aéro-club de la Haute-Marne, dans les années 30.

Troyen de naissance (le 27 octobre 1895), André-Paul-Ernest Simon, orphelin, vit à Châteauvillain, lieu de résidence de sa grand-mère. Le 19 décembre 1913, il décroche le brevet de pilote de l’Aéro-club de France n°1 536, le même jour que son compatriote Adrien Fétu (d’Eurville). Mobilisé le 4 août 1914 au 2e groupe d’aviation, André Simon est promu caporal en mars 1915, et sert dans l’escadrille N 26, à laquelle ont appartenu ou appartiendront plusieurs pilotes ayant un lien avec la Haute-Marne : le sous-lieutenant Jean Bielovucic, ancien élève au collège de Saint-Dizier, l’adjudant Fétu, le brigadier Thomassin, de Droyes… Passé sergent dans le courant de l’année 1915, le Castelvillanois est promu adjudant le 11 mars 1916. Puis il est affecté comme pilote convoyeur à la Réserve générale d’aviation (RGA), le 4 septembre 1916. Une affectation très brève : le 16 septembre, il meurt en service commandé dans la chute de son avion en Seine-et-Oise.

Neveu du général de Maud’huy, cousin d’un autre aviateur, Jean-Guillaume-Henri de Maud’huy, né à Biarritz en 1895, est le fils d’un officier supérieur propriétaire du domaine de Bracancourt, à Blaise (village dépendant aujourd’hui de la commune de Colombey-les-Deux-Eglises). Maréchal des logis pilote au sein de l’escadrille BR 508, il trouve la mort le 4 juillet 1918 lors d’une mission en Macédoine. Son nom figure à la fois sur le monument aux morts de Blaise et sur celui de Beaucharmoy, lieu d’origine des Maud’huy (comme son cousin Simon, lieutenant à la MF 69).





Sources principales : « Dossier 52 » n°34 (2003) ; base Léonore ; base Mémoire des hommes ; registre de l'état civil de Saint-Dizier.

mardi 6 juillet 2010

Le père de l'aviation de chasse, fils de Haut-Marnais



Photo issue du site de l'Association des anciens élèves de l'école de l'air (Tricornot de Rose est le parrain posthume de la promotion 1965 de cette école).

Considéré comme le père de l’aviation de chasse française, le commandant de Tricornot de Rose est issu d’une famille haut-marnaise. Son père, Jean-Baptiste-Charles-Emmanuel, lieutenant-colonel retraité, repose à Dammartin-sur-Meuse. Son grand-père, né à Saulles, dans le canton de Fayl-Billot, décédé à Dammartin, était conseiller général de la Haute-Marne. L’un de ses cousins, le capitaine de chasseurs Henri de Tricornot, tombé durant la Der des Der à 39 ans, était né lui aussi à Saulles (le père de cet officier était également conseiller général haut-marnais) et s’était marié à Farincourt. Et l'aviateur était encore apparenté au général de Montarby (d’une famille de Dampierre), qui s’est notamment battu en 1870.

Jean-Baptiste-Marie-Charles (ou Carl, selon le baron de l’Horme) naît en 1876 à Paris. Fils d’officier, il embrasse à son tour la carrière militaire en intégrant l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. Cavalier, capitaine en 1912, il est le créateur de l’escadrille 12, équipée de Morane-Saulnier. Promu chef d’escadrons, Charles de Rose, qui a commandé les escadrilles de la 5e armée puis s’est illustré à Verdun, trouve la mort le 11 mai 1916 à Villemontoire, dans l’Aisne, lors d’une tournée d’inspection – son avion s’est écrasé. Il s’était marié en 1906 à Fontainebleau, selon le baron de L’Horme. Il ne repose pas à Dammartin-sur-Meuse, comme son père et son grand-père, mais sur les lieux de son décès. Toutefois, son nom figure sur le monument au mort de ce village situé entre Montigny-le-Roi et Bourbonne-les-Bains.

Le commandant de Tricornot de Rose était le titulaire du brevet de pilote militaire n°1 (obtenu en février 1911). Une voie de la base aérienne 113 de Saint-Dizier porte son nom, depuis le 13 juin 1992, sur proposition de Jean-Marie Chirol, fondateur du club Mémoires 52, et du major Jean Le Maguet.

lundi 5 juillet 2010

Déportés de Haute-Marne (H-J)

HABERMARCHER Maurice (Thaon-les-Vosges, Vosges 10 janvier 1919). Boucher, résidant chez ses parents à Manois, il est arrêté le 4 juin 1944 au col de Banyuls et déporté le 2 juillet 1944 à Dachau (matricule 76 923), d’où il est rapatrié par avion le 2 juillet 1945.
HABRAN Léon (Mathons 13 mars 1883 – Dora 10 mars 1945). Propriétaire du café Au lion de Belfort à Reims, ayant recueilli des aviateurs alliés, il est arrêté en 1942 et déporté en mai 1943 de Paris à Hinzert (matricule 6 435), puis à Wieda, Brieg, Gross-Rosen et Dora.
HACQUIN Bernard (Longchamp-sur-Aujon, Aube 14 août 1905 – Auschwitz 15 octobre 1942). Marié et père de famille, domicilié à Joinville, ouvrier à Bussy, il est arrêté le 22 juin 1941. Emprisonné à Chaumont, interné à Compiègne (27 juin), il est déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz (matricule 45649).
HAGUENAUER Jacques (Strasbourg 4 septembre 1884 - Auschwitz). Chirurgien-dentiste, installé à Chaumont en 1937, père de quatre enfants (dont deux décédés en 1939 et 1943), il fait un remplacement à Fontenay-le-Comte (Vendée) lorsqu'il est arrêté en 1942. Interné à Compiègne puis à Drancy, il est déporté le 20 juillet 1942 à Auschwitz (convoi n°8).
HAGUENAUER Nicole (Bar-le-Duc, Meuse 4 novembre 1925 - Auschwitz). Ayant quitté Chaumont le 5 juillet 1942, elle est arrêtée le 6 à Chalon-sur-Saône, où elle est emprisonnée, puis transférée à Dijon, internée à Drancy à partir du 26 octobre 1942, et déportée le 13 février 1943 à Auschwitz.
HAGUENAUER Renée née Blum (Strasbourg 4 avril 1893 - Auschwitz 13 février 1944). Arrêtée à Chaumont le 27 janvier 1944, elle est déportée le 10 février 1944 (convoi 68) et gazée le 13.
HAGUENAUER Yvonne (Strasbourg 29 novembre 1919 - Auschwitz). Institutrice en Côte-d'Or en 1939, elle quitte Chaumont le 5 juillet 1942, mais est arrêtée le 6 à Chalon-sur-Saône. Emprisonnée à Chalon puis à Dijon, internée à Drancy à partir du 26 octobre 1942, elle est déportée le 13 février 1943 à Auschwitz.
HAICK Juliette née Bzourowski (Saint-Dizier 23 avril 1916). Déportée le 29 avril 1944 (convoi 72), elle est une des rares rescapées des camps d'extermination.
HANNAUX Hortense née Klamber (Surbourg, Moselle 23 juillet 1867 - Auschwitz 1944). Domiciliée à Montigny-le-Roi, elle est arrêtée le 27 janvier 1944, emprisonnée à Châlons et déportée à Auschwitz le 10 février par le convoi 68.
HANTZBERG Philippe (Corvol-L’Orgueuilleux, Nièvre 28 février 1900 – Auschwitz 1944). Marié et père de famille, ingénieur à Châteauvillain, ce capitaine de réserve retrouve sa commune en 1941 après être passé en Suisse en 1940. Responsable local de la Résistance, il est arrêté le 21 janvier 1944 à Châteauvillain, emprisonné à Chaumont, interné à Compiègne, et déporté le 27 avril 1944 à Auschwitz (matricule 185 724), où il décède (officiellement le 8 ou le 30 mai 1944).
HARMAND Maurice (Vaux-sur-Blaise 15 juillet 1892 - Langenstein 15 mars 1945). Mouleur, ancien membre de la musique municipale de Faverges (Savoie). Arrêté le 8 février 1944 dans cette commune lors d’une opération montée par l’intendance de police Lelong (il est accusé d’être un «ancien du PS, ancien de l’Action républicaine des Anciens combattants", emmené au centre de Cordeliers, dirigé sur Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn).
Il est déporté le 30 juillet 1944 de Toulouse à Buchenwald (matricule 69 401).
HEBRARD Raymond (Chaumont 13 août 1922 - Flossenburg 22 janvier 1945). Il est déporté le 28 juin 1944 de Bordeaux à destination de Dachau (7 juillet), où il a le matricule 78 257.
HENRIOT André (Bourbonne 6 octobre 1888). Marié, ébéniste, domicilié à Neuvelle-lès-Voisey, ce membre des FTP est arrêté le 4 avril 1944. Emprisonné à Chaumont, il est déporté de Belfort le 29 août à Neuengamme (matricule 44 138). Rentré le 15 juin 1945.
HENRIOT Henri (Maizières – sic – 1er décembre 1922 – Sachsenhausen 21 mai 1944). Arrivé le 29 avril 1943 à Natzweiler (matricule 3 482), il est transféré à Bergen-Belsen, puis à Sachsenhausen.
HERMANN Gaston (Epinal, Vosges 30 juin 1885 - Auschwitz 5 août 1943). Ancien combattant 14-18, établi en 1918 à Chaumont en ouvrant un magasin de chaussures, il est arrêté à ce magasin le 30 juillet 1942 pour "infraction à la réglementation relative au port de l'étoile jaune". Emprisonné au Val-Barizien, transféré le 21 septembre à Drancy, il est déporté à Auschwitz le 31 juillet 1943 (convoi 58).
HERMANN Germaine née Lieber (Lyon, Rhône 28 novembre 1896 - Auschwitz 13 février 1944). Arrêtée à son magasin de Chaumont le 30 juillet 1942, emprisonnée au Val-Barizien, elle est libérée pour raison de santé le 20 août 1942. Arrêtée à nouveau le 27 janvier 1944, emprisonnée à Châlons, internée à Drancy, elle est déportée le 10 février à Auschwitz (convoi 68).
HERMANN Janine (Chaumont 19 août 1924 - Auschwitz 1944). Fille des précédents, arrêtée le 27 janvier 1944, elle est emprisonnée à Châlons, internée à Drancy et déportée le 10 février à Auschwitz (convoi 68).
HERMANN Simone (Chaumont 29 avril 1927 - Auschwitz février 1944). Soeur de la précédente, arrêtée le 27 janvier 1944, elle est déportée le 10 février à Auschwitz (convoi 68).
HERZ Isaac (Lublin 12 novembre 1894 - Auschwitz février 1944). Domicilié à Bourbonne, il est arrêté le 3 mars 1942, interné à Drancy et déporté le 27 mars 1942 à Auschwitz (convoi 1).
HEYMANN Léon (Fraueuberg, Moselle 10 octobre 1877 - Auschwitz février 1944). Domicilié à Bourbonne, il est arrêté le 27 janvier 1944, emprisonné à Châlons, interné à Drancy et déporté le 10 février à Auschwitz par le convoi 68.
HEYMANN Félicie née Cerf (Bueberwisse, Moselle 1er janvier 1877 - Auschwitz février 1944). Domiciliée à Bourbonne, elle est arrêtée le 27 janvier 1944, emprisonnée à Châlons, internée à Drancy et déportée le 10 février à Auschwitz par le convoi 68.
HOURDILLIAT Georges (Saint-Dizier 7 décembre 1903). Il est déporté le 23 février 1942, à Karlsruhe., Reinbach., Siegberg, d'où il est libéré le 10 avril 1945.
HUET Gaston (Chaumont 13 novembre 1922). Employé de bureau, domicilié à Chaumont, membre du FN, il est arrêté le 4 septembre 1943 à Chaumont pour « distribution de tracts L’Est libre ». Emprisonné à Dijon, il est condamné le 5 février 1944 à un an de prison pour « activité communiste » par la section spéciale de la cour d’appel de Dijon. Emprisonné à Châlons, interné à Compiègne, il est déporté le 12 mai 1944 à Buchenwald (matricule 51 023) et libéré le 15 avril 1945 à Magdeburg..
HUTINET Pierre (Rachecourt-sur-Marne 11 juin 1890). Il est déporté le 17 mai 1943 à Fribourg, Bernau. Rentré.

ISAKOW Esther née Brandel-Fayner (Lodz 21 janvier 1904 - Auschwitz). Domiciliée à Tours (Indre-et-Loire), elle est déportée le 20 juillet 1942 (convoi 8).
ISAKOW Paulette (Chaumont 26 novembre 1925 – Auschwitz 25 juillet 1942). Elle est déportée le 20 juillet 1942 par le convoi 8.
IWANSKI Adam (Chabazek, 14 janvier 1909). Ouvrier d'usine, il est arrêté le 5 mars 1943 à Hortes, interné à Compiègne et déporté le 20 avril 1943 à Mauthausen, puis à Buchenwald, Lublin, à Auschwitz, de nouveau à Mauthausen. Il ne serait pas revenu.

JABLONSKI Lucien (Schalbach, Moselle 26 avril 1883 - Auschwitz février 1944). Commerçant à Hagondange, réfugié à Chalvraines, il est arrêté le 27 janvier 1944, emprisonné à Châlons, interné à Drancy et déporté le 10 février à Auschwitz par le convoi 68.
JABLONSKI Eugénie née Liebmann (Sarreguemines, Moselle 8 mars 1910 - Auschwitz février 1944). Belle-fille du précédent, elle est arrêtée le 27 janvier 1944 à Chalvraines, emprisonnée à Châlons, internée à Drancy et déportée le 10 février à Auschwitz par le convoi 68.
JABLONSKI André (Sarreguemines, Moselle 27 avril 1939 - Auschwitz février 1944). Fils d’Eugénie, il est arrêté le 27 janvier 1944 à Chalvraines, emprisonné à Châlons, interné à Drancy et déporté le 10 février 1944 à Auschwitz, à l'âge de 4 ans et demi.
JABLONSKI Georgette (Schalbach, Moselle 2 mars 1894 - Auschwitz). Soeur de Lucien Jablonski, elle est arrêtée le 10 octobre 1942, internée à Drancy, et déportée le 3 novembre 1942 à Auschwitz (convoi 40).
JACQUE Henri (11 juillet 1917 Nijon). Marié et père d'un enfant, mécanicien en machines à coudre, ce prisonnier de guerre rapatrié, résistant (chef de zone en remplacement de son chef arrêté), est arrêté à son domicile par la Gestapo le 18 mai 1944. Emprisonné à Nancy, interné à Compiègne, il est déporté le 18 août 1944 à Buchenwald (matricule 81 259), affecté au kommando de Bad Gandersheim, puis à Dachau. Rapatrié le 22 juin 1945.
JACQUEMIN François (Paris 21 mai 1923). Fils d’un industriel de Saucourt-sur-Rognon (futur président du Comité départemental de libération), étudiant à Paris, membre du réseau « Vengeance » sous le pseudo d’ « André Blécourt », il est arrêté par la Gestapo le 14 janvier 1944 près du métro Alma. Torturé, emprisonné à Fresnes puis interné à Compiègne (13 mars), il est déporté le 27 avril à Auschwitz (matricule 185 765), puis à Buchenwald (12 mai). Affecté au kommando Plömnitz (octobre), il est libéré le 14 avril 1945. A son retour, il pèse moins de 30 kgs.
JEANJEAN Louis (Corlée 16 juillet 1900 – baie de Lübeck 3 mai 1945). Domicilié à Langres, arrêté sur le territoire du 3e Reich, il est déporté à Neuengamme (matricule 58 403).
JEANMOUGIN André (Culmont 11 mai 1921). Interné à Compiègne, il est déporté le 27 janvier 1944 à Buchenwald (matricule 44 838), puis à Dora.
JEANSON René (Saint-Dizier 13 mai 1923). Arrivé le 29 janvier 1943 à Natzweiler (matricule 2 425), transféré à Dachau, il est libéré le 29 avril 1945.
JEUNESSE Louis (Bologne 4 mars 1902). Employé SNCF à Chaumont, il est arrêté à Chaumont le 11 février 1944. Emprisonné à Chaumont, interné à Compiègne, il est déporté le 27 avril 1944 à Auschwitz (matricule 185 783), transféré à Buchenwald puis à Flossenburg. Rentre à Chaumont en mai 1945.
JOLY Pierre (Saint-Firmin, Saône-et-Loire 23 février 1912). Marié et père de deux filles, domicilié à Villiers-sur-Marne, employé aux Forges de Froncles, il est arrêté le 6 janvier 1942 à Villiers-sur-Marne pour « distribution de tracts clandestins ». Interrogé à la brigade de gendarmerie de Vignory, condamné à trois ans de prison par la Cour d’appel de Dijon le 24 janvier 1942, emprisonné à Clairvaux, à Châlons, puis interné à Compiègne, il est déporté le 12 mai 1944 à Buchenwald (matricule 51 520), puis à Dora. Porté disparu.
JONVAL Alfred (Montmédy, Meuse 20 septembre 1894 - Orhrdauf). Domicilié à Chaumont, il est arrêté par les Allemands le 11 février 1944. Emprisonné à Chaumont, interné à Compiègne, il est déporté le 27 avril 1944 à Auschwitz (matricule 185 789), puis à Buchenwald.
JUPILLE Roger (Wassy 15 décembre 1922). Ouvrier agricole à Wassy, interné à Compiègne, il est déporté le 12 mai 1944 à Buchenwald (matricule 51 274) et libéré le 2 mai 1945.

vendredi 2 juillet 2010

La photo du capitaine Pradelle, de Coublanc



En complément de notre article sur deux martyrs sud-haut-marnais du réseau Alliance, voici le portrait du capitaine Pradelle,de Coublanc, également issu du "Mémorial du réseau Alliance" (consultable sur le site Internet "André Girard & SR Alliance").

Un ouvrage sur les spahis de Germisay




En complément de notre article sur le combat de Germisay, le colonel (ER) Thierry Moné nous a fait parvenir d’utiles précisions sur les hommes du 2e régiment de spahis marocains qui sont morts en juin 1940 sur le territoire haut-marnais.

Signalons que M. Moné s’apprête à faire paraître un ouvrage fort documenté sur la Campagne de France de la 3e brigade de spahis, étrillée lors du combat de La Horgne (Ardennes) le 15 mai 1940, et qui s’est donc battue ensuite à Germisay.

Parution : début octobre 2010. Cet ouvrage, riche de 208 pages, est le fruit de 18 mois de recherches aux Archives nationales, à Paris, et au Bureau des archives des victimes des conflits contemporains, à Caen. Il est publié par la maison d’édition La Gandoura & CRCL.

jeudi 1 juillet 2010

Deux martyrs haut-marnais du réseau Alliance



André Chanson (1918-1944). Photo issue du "Mémorial du réseau Alliance".





Le réseau Alliance est l’une des plus fameuses organisations de la Résistance, spécialisée dans le renseignement. Oeuvrant au profit des services spéciaux britanniques, il a perdu plus de 430 des siens sous l’Occupation.
Alliance a notamment recruté parmi des membres de l’armée de l’air, au premier rang desquels figurait le commandant Léon Faye, qui a commandé le groupe de reconnaissance I/52 à Saint-Dizier durant la Drôle de Guerre et qui sera exécuté début 1945 en déportation.
Il semble, selon Marie-Madeleine Fourcade, l’une de ses responsables (et historiographe), que le réseau ait compté un correspondant en Haute-Marne, que nous n’avons malheureusement pu identifier. Toutefois, au moins deux de ses membres n’ayant pas vu la Libération sont originaires du département, et tous deux du Sud.

Emile-Maurice Pradelle est né le 5 septembre 1901 à Coublanc, d’un père maçon. Capitaine de l’armée de l’air, il est, selon le mémorial du réseau, deuxième chef du secteur de Vichy (Allier), et l’adjoint du colonel Edouard Kauffmann, responsable de la région Centre pour le réseau. Pradelle est donc un des principaux cadres d’Alliance, sous le pseudonyme de « Corsaire ». Il est arrêté le 22 septembre 1943 à Vichy (au lendemain de son chef, à Volvic), emprisonné à Fribourg, en Allemagne, où il est exécuté d’une balle dans la nuque, avec Kauffmann, le 28 novembre 1944.

André Chanson voit le jour le 29 août 1918 à Saint-Broingt-le-Bois. Electricien, celui que le réseau connaît sous le pseudonyme de « Perdrix » est lui aussi un proche collaborateur du colonel Kauffmann : il est son opérateur radio. Chanson est arrêté le même jour que son compatriote Pradelle, et déporté le 16 décembre 1943 vers l’Allemagne. C’est là, quatre jours avant Pradelle, qu’il est abattu à Rastatt avec onze de ses camarades. Son nom figure également sur le monument aux morts de Champlitte, où résidait sa famille.