dimanche 27 juin 2010

Haut-Marnais en Roumanie

Durant la Première Guerre mondiale, la France a dirigé sur la Roumanie une mission militaire chargée de réorganiser l’armée de ce royaume. Confiée au général Berthelot, la délégation était composée de militaires représentant diverses spécialités. La presse de l’époque a donné les noms de 25 officiers. Curieusement, cinq d’entre eux, et non des moindres, étaient natifs de la Haute-Marne ou y vivaient à la mobilisation.

Fils d’un pharmacien de Bourmont, le lieutenant-colonel Charles-Ernest Vouillemin est né le 31 juillet 1865 dans ce chef-lieu de canton. Polytechnicien, il servait, durant le conflit, dans le 39e régiment d’artillerie. C’est en octobre 1916 qu’il a quitté ce corps pour rejoindre la mission Berthelot, en qualité d’instructeur de l’artillerie. Promu général de brigade à titre temporaire, Vouillemin sera proposé par le général Berthelot, qui l’estimait, pour lui succéder à la tête de la mission, en 1918. Mort à Toulon en 1954, le Haut-Marnais s’est également fait connaître par ses écrits consacrés au Cercle de Vienne, un club philosophique existant en Autriche dans les années 1930.

Né le 16 décembre 1873 à Nogent, fils de Célestin Caput, brigadier de gendarmerie, Théodore-Gaston Caput était un Saint-Cyrien. Il a 43 ans lorsqu’il commande, en 1916, le 1er bataillon du 109e RI, régiment de Chaumont, chef-lieu de son département natal. Quittant ce corps le 23 septembre 1916, promu lieutenant-colonel à titre temporaire, il fait partie de l’état-major de la mission Berthelot. Marié en 1905 à Lille (Nord), le général Caput meurt à Nice le 21 avril 1961.

Né à Wassy en 1870, marié à une Haut-Marnaise (à Perthes), le lieutenant-colonel Georges Dubois était chef de corps, à 46 ans, du 174e RI, avec lequel il s’est battu à Verdun, lorsqu’il rejoint la mission. C’est le 20 septembre 1916 qu’appelé par un télégramme du grand quartier-général, Dubois quitte son régiment, suivi deux mois plus tard par deux de ses officiers, les sous-lieutenants Caubet et Berthelot. Le Wasseyen opérait avec le 85e régiment d’infanterie roumaine lorsqu’il a été grièvement blessé lors du combat de l’Argesh, vers Badulesti, le 19 novembre 1916. L’enfant de Wassy succombe… à Jassy, en Roumanie, le 4 avril 1917, et ses obsèques ont lieu le 9 avril. Son compatriote Jean-Marie Chirol lui consacrera une biographie fort détaillée dans son ouvrage « 251 personnages du pays haut-marnais ». A noter que le lieutenant Charles Caubet, du 174e, meurt à son tour, de maladie, le 16 avril 1917 en Roumanie.

Poitevin de naissance, Jacques-Marie-Gabriel Boreau de Roincé, né en 1869, Saint-Cyrien, était chef de bataillon du II/109e RI, le régiment de Chaumont, à la mobilisation de 1914. Il a pris le commandement du corps avant la fin de l’année, après la mort du colonel Aubry. Promu lieutenant-colonel, il quitte le 109e avec le chef de bataillon Caput le 23 septembre 1916. Il meurt en 1920.

Enfin, un capitaine (puis, peut-être, chef de bataillon) Vitrey a été affecté à la mission Berthelot afin d’instruire des mitrailleurs roumains. Il pourrait s’agir de Georges-Henri Vitrey, né en 1879 à Chaumont, lui-même fils d’un officier d’origine brottaise. Ce capitaine d'infanterie, retraité chef de bataillon, membre de la Légion d'honneur en 1916, blessé de guerre, décédera dans sa ville natale en 1961.

Concluons cette courte évocation en précisant qu’une bande dessinée a été consacrée à cette mission et qu’une commune de Roumanie porte le nom du général Berthelot.

vendredi 25 juin 2010

L'arbre du tirailleur à Nijon


C'est au cours d'une escapade dans le Pays bourmontais, il y a plusieurs mois, que nous avons découvert ce monument sobre et poignant, qui perpétue le souvenir d'un tirailleur africain (désigné sous le nom de Kampti sur le panneau) mort en juin 1940 dans le village de Nijon. Signalons à ce sujet la louable initiative de l'Union nationale des combattants (UNC) de Haute-Marne, présidée par le colonel Henry Dutailly, qui, avec la commune de Bourmont et les services de l'Etat, a rendu hommage, le 19 juin dernier, aux tirailleurs de la 1ère division d'infanterie coloniale qui ont chèrement payé leur abnégation à défendre la région de Bourmont.
Plus de détails sur ces combats dans notre premier numéro de "Mémoires de Haute-Marne" qui vient de paraître.

vendredi 18 juin 2010

"Mémoires de Haute-Marne" n°1 est sorti


La nouvelle publication du club Mémoires 52, "Mémoires de Haute-Marne", vient de sortir. Ce nouveau rendez-vous semestriel de notre association consacre une large partie de ses 50 pages aux combats de juin 1940 en Haute-Marne.

Au programme, également :
- le capitaine Burgeat, de Chevillon, l'un des 50 premiers pilotes du monde ;
- Roger Duveau, de Hortes, le ministre oublié ;
- la carrière du général Dommartin, compagnon d'armes de Bonaparte ;
- Bernard Dimey vu par un de ses camarades de l'Ecole normale ;
- et bien d'autres articles.

Disponible au prix unitaire de 12 euros auprès du club Mémoires 52 (28, rue de Verdun, 52100 Bettancourt-la-Ferrée ou 1 bis, rue Dutailly, 52000 Chaumont), ou distribué gratuitement - contre cotisation - auprès des adhérents du club.

mardi 15 juin 2010

Il y a 70 ans : le combat de Germisay




Le combat de Germisay est moins connu que ceux du triangle Chaumont-Bologne-Andelot ou de Bourmont. Il a pourtant coûté 21 tués aux troupes françaises.

Les opérations commencent le 15 juin 1940, lorsque le chef de corps du 2e régiment de spahis marocains (qui a succédé au colonel Geoffroy, tué à La Horgne, dans les Ardennes), venant de la Meuse, reçoit l’ordre d’occuper les villages de Bressoncourt, Germay, Germisay et Epizon, dans le canton de Poissons, avec PC à Trampot (Vosges).
A Germisay, des éléments isolés du 412e régiment de pionniers et du 294e RI viennent renforcer le 4e escadron du capitaine Jean Giraud, sous les ordres du chef d’escadron Azémar.

Il est environ 12 h, le 16 juin 1940, lorsque l’arrivée imminente de blindés et de camions chargés de fantassins ennemis, appartenant à la 8e Panzerdivision, est signalée en provenance de Brouthières. Le peloton du 3/2e RSM qui défendait Bressoncourt se replie sur Trampot.

Le combat s’engage. Le capitaine Giraud est blessé, évacué sur Vittel et capturé par l’ennemi. Les lieutenants Jacques Labbé et Emile Chaume sont tués, ainsi que l’adjudant Auguste Ternin-Rozat et 18 gradés et hommes de troupe. Une grange et une habitation brûlent. Le 4/2e RSM doit décrocher sur Trampot pour éviter l’encerclement.

Au total, l’armée française déplore 21 tués. Quatre sont retrouvés allongés côte à côte, près d’un bosquet, une balle dans la nuque… Tous sont inhumés dans le cimetière communal. Une cérémonie aura lieu en mai 1941, en présence de drapeaux français et de la population.

Les victimes (dont quatre inconnus et quatre hommes du 412e pionniers) :
. lieutenant Labbé, né à Paris en 1910, mort le 20 juin selon MDH.
. soldat André Brodu, né en 1919 à Nantes, 2/2e RSM.
. brigadier Embar.
. soldat Robert Dupré, né en 1913 dans l’Oise, 412e régiment de pionniers.
. lieutenant Emile Chaume, né en 1905 en Algérie, 2e RSM.
. Jules Cazé, né en 1912, 412e régiment de pionniers.
. André Tatin, né en 1904 dans la Somme, 412e régiment de pionniers.
. soldat Jean Gilbert, né en 1921 à Tours, 2e RSM, tué le 20 juin selon MDH.
. adjudant Ternin-Rozat, né en 1910 à Lille, 2e RSM.
. soldat Gustave Bisson, né en 1916 à Evreux, 2e RSM, mort le 20 juin selon MDH.
. soldat Jean Colas, né en 1919 à Paris, mort le 20 juin selon MDH.
. Léon Persyn, né en 1906 dans l’Oise, 412e régiment de pionniers.
. brigadier André Danvin, né en 1920 dans la Creuse, 2e RSM.
. Marcel Hazé, né en 1910 à Paris, 2e RSM, mort le 20 juin selon MDH.
. maréchal des logis-chef Salah ben Ahmed.
. brigadier André Solignac, né en 1919 à Lyon, 2e RSM.
. Bouchaïb ben el Arbi.
. quatre inconnus.

Ces informations, recueillies par Jean-Marie Chirol, proviennent en partie de M. Fournier, ancien maire de Germisay. Elles sont parues dans le supplément de Dossier 52 n°25.

jeudi 10 juin 2010

Il y a 70 ans en Haute-Marne : le 13 juin 1940



Images de désolation dans les rues de Perthes. Ces photos, faites par Charles Royer, sont parues dans notre ouvrage sur l'épopée du colonel Géminel.


13 juin 1940
. la gare de Merrey est bombardée. Trois cheminots sont tués : Henri Pain, Louis Rosier, Romain Valton ; à Joinville, une femme est tuée et son fils grièvement blessé ; à Meuse, le jeune Bernard Krieg, 13 ans, meurt sous les bombes, et Eugène Billard, agriculteur à Plesnoy, est mortellement touché.
. 16 h : le préfet de la Haute-Marne, Fernand Bidaux, arrive en mairie de Saint-Dizier pour rassurer la population. Vers 16 h 30 : une pointe de la 1ère Panzerdivision atteint Blesme ; à Perthes, un soldat français est tué. Les Allemands prendront prétexte de la mort d’un officier pour mettre le feu au village dans la nuit ; 17 h : le préfet repart pour Chaumont ; dans la soirée, un cycliste qui affirme, place Aristide-Briand à Saint-Dizier, que les Allemands sont parvenus au Robinson, est intercepté par la police. 18 h 30 : l’ennemi est à Villiers-en-Lieu, où sont tués deux soldats du 311e régiment d’artillerie lourde hippomobile. Vers 18 h 45 : une fusillade retentit dans la direction du terrain d’aviation ; posté vers le canal, à la sortie de la Saint-Dizier en direction de Vitry-le-François, un char français B1bis, le « Beaune » du lieutenant Adelmans, séparé de son unité (41e bataillon de chars de combat) – équipage : sergent-chef Thiebault, caporal Chapellier, chasseurs Boeglin et Enderlin – tire à l’obus de 47 sur l’avant-garde allemande. Ayant épuisé ses munitions, il décroche et prend la direction de Chaumont ; la défense de la ville est alors assurée par des éléments du 15e régiment de tirailleurs algériens, des pionniers, du groupe de reconnaissance divisionnaire d’infanterie 71 (le 1er bataillon du 3e régiment d’infanterie coloniale, pensant la ville prise, s’installe en bouchon sur la route de Bar-le-Duc). 20 h : les cloches de l’église Notre-Dame sonnent le tocsin ; les réservoirs du site Pechelbronn brûlent ; la population fuit. Vers 20 h : un Dornier 17 est abattu sur les hauteurs de Chamouilley par le 403e RADCA. Les Allemands ont reporté au lendemain à l’aube l’entrée dans Saint-Dizier.
. A Hoéricourt, le chef de la Défense passive, André Lang, est mortellement atteint. A Marnaval, Emile Jeanmaire est tué.

Bilan humain : en confrontant les renseignements recueillis par Jean-Marie Chirol et par le site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense, on parvient à un total de 24 militaires français tombés ce 13 juin 1940 en Haute-Marne :
. 7 entre Perthes et Saint-Dizier ;
. 2 à Moeslains ;
. 3 à Villiers-en-Lieu ;
. 4 à Doulevant-le-Château (lors d’un bombardement) ;
. la plupart des autres victimes sont des militaires décédés dans les hôpitaux de Chaumont.

vendredi 4 juin 2010

4 juin 1944 : la formidable évasion de 45 déportés dans la Marne



Un des 45 évadés : le lieutenant Raymond Krugell. Cette photo a été faite par M. Reiss, instituteur à Couvrot, et développée par M. Racollet, photographe à Vitry-le-François. (Collection JM Chirol).


Dans la nuit du 4 au 5 juin 1944, entre Châlons-en-Champagne et Vitry-le-François, sur la ligne ferroviaire Paris-Strasbourg, intervenait celle qui fut considérée alors comme la plus importante évasion collective de déportés de France. Du convoi transportant plus de 2 000 internés de Compiègne en direction de Neuengamme, 45 hommes ont sauté d’un wagon – ce chiffre a été donné par l’un d’eux, l’abbé Le Meur. Et sur ces 45, un seul a été repris !
Formidable exploit rapporté, dans le détail, par Jean-Marie Chirol, dans un ouvrage paru en 1996, « Sur les chemins de l’enfer », fruit d’une enquête minutieuse.

Ayant retrouvé des évadés, des membres de leurs familles, des camarades de combat, Jean-Marie Chirol a pu brosser un fidèle portrait de ces hommes, arrêtés pour leurs faits de résistance, et qui une fois leur évasion réussie n’ont eu d’autre but que de reprendre la lutte… certains (quatre) ne verront pas la Libération. Des hommes au patriotisme et à la détermination chevillés au corps, pour beaucoup officiers de carrière ou de réserve, qui ont agi contre l’occupant au sein de services de renseignements parfois proches de Vichy, ou de mouvements d’obédience communiste…

Une trentaine de ces évadés ont été formellement identifiés par Jean-Marie Chirol – la Fondation pour la mémoire de la Déportation en a recensés de son côté 23. Voici un résumé de leur histoire contée par le président-fondateur du club Mémoires 52 :

Argence Louis. Né à Lausanne (Suisse, sous-lieutenant d’artillerie d’active, membre de l’Organisation de Résistance de l’armée (ORA) sous le pseudonyme de « Petit », il est arrêté le 21 avril 1944 à Toulouse (avec notamment le lieutenant Jocteur-Monrozier et le capitaine Mouly, mort en déportation). Interné à la prison Saint-Michel, il est dirigé sur le camp de Royallieu (Compiègne) le 12 mai 1944. Après son évasion, il retrouve le Corps-franc Pommiès puis sert dans la brigade Alsace-Lorraine en 1944-45. Lieutenant-colonel retraité, il meurt en 1993 à Strasbourg. Père de l’ancien ministre et maire de Strasbourg Catherine Trautmann.

Biaggi Jean-Baptiste. Né à Porto-Rico en 1918, étudiant en droit, aspirant puis sous-lieutenant de dragons, il est blessé le 25 mai 1940 dans le Nord, et fait chevalier de la Légion d’honneur… à titre posthume. Lié avec Alain Griotteray (futur député et co-fondateur du Figaro Magazine), membre du réseau Orion, il est arrêté à Paris le 13 décembre 1943, et transféré de Fresnes à Royallieu le 19 mars 1944. C’est, avec Jean Martin et l’abbé Le Meur, l’un des organisateurs de l’évasion. Recueilli par l’abbé Jean Weber, de Coole, il prendra le train pour Paris. Après la libération de la capitale, il rejoint les Commandos de France (comme chef du 4e commando). Promu capitaine, il est blessé durant la Campagne de 1944-45. Mort en 2009.

Boccon-Gibod Raymond. Né à Paris en 1912, Polytechnicien, capitaine d’artillerie en 1939, il mène des activités de Résistance depuis la Savoie. Arrêté début 1944 par la Gestapo, interné à Chambéry, il est transféré mi-avril à Royallieu. Après son évasion, il participe à la libération de Paris avec l’ORA.

Burtin Fernand. Né en 1923 à Aix-les-Bains, il gagnera à pied, après son évasion, le domicile d’un camarade en Meurthe-et-Moselle.

Ciocca Pierre. Né à Paris en 1915, marié, père de trois enfants, chirurgien-dentiste à Reims, blessé en juin 1940, il est membre du réseau Jade-Fitzroy et du FN. Arrêté à Reims le 18 février 1944, il est emprisonné à Reims, à Fresnes, à Royallieu. Souffrant des jambes lors de son évasion, réfugié à Coolus, il gagne Châlons puis rejoint Reims.

Cosmao Hervé. Né à Paris en 1925, lycéen, il manifeste le 11 novembre 1940 sur les Champs-Elysées. Arrêté durant l’Occupation, torturé rue des Saussaies, interné à Fresnes, au fort de Romainville, il tente de s’évader du camp de Marlotte, puis est transféré à Royallieu. Il servira dans la colonne Fabien et sera porté disparu en Lorraine.

Coustaud Maurice. Originaire de Montesquieu (Tarn-et-Garonne), membre d’un maquis de Corrèze, il est arrêté fin mars 1944. Incarcéré à la prison Saint-Michel de Toulouse, il est transféré le 12 mai sur Royalieu. Après son évasion, il devient l’adjoint du lieutenant Krugell dans le commandement de deux maquis FTPF de la Haute-Marne. Arrêté à nouveau, en juillet 1944, près de Giffaumont, il sera emprisonné à Langres, et depuis porté disparu…

Denègre Pierre. Né à Saint-Céré (Lot) en 1925, lycéen, il est arrêté le 11 mai 1944 à Saint-Céré lors d’une rafle. Gagnera Paris après son évasion.

Dufour Raoul. Né en 1911 à Saint-Céré, pharmacien, marié, père de quatre enfants, il devient résistant, adjoint au secteur de Saint-Céré de l’AS-Vény. Arrêté le 11 mai 1944 lors d’une rafle à Saint-Céré, il est recueilli par l’abbé Weber. De retour à Saint-Céré le 13 juin, il reprend le combat. Mort à Paris en 1990.

Enjalbert Jean. Né en 1918 à Blaye-les-Mines (Tarn), il suivra le même itinéraire que Négol, Burtin, Gardeux, et reprendra du service au sein du groupe Ajax du BCRA.

Fournié Pierre. Né à Bedeilhac (Ariège) en 1922, étudiant en droit à Toulouse, réfractaire au STO, il est réfugié à Saint-Céré lorsqu’il est arrêté le 11 mai 1944. Evadé du train, il quittera Vitry par le train, jusqu’à Brive, et sera de retour à Saint-Céré.

Galland. Originaire d’Agen. Il s’agit peut-être du déporté Georges Galan, dont le sort n’est pas connu par la FMD.

Gardeux Guy. Né à Vandeléville (Meurthe-et-Moselle) en 1921, bachelier, engagé dans l’aviation en 1938, il est caporal-chef en 1940. Démobilisé fin 1942, photographe à Aix-les-Bains, il rejoint la Résistance en 1943 (réseau Ajax du BCRA). Arrêté en gare de Carcassonne dans la nuit du 4 au 5 avril 1944, il rencontre en détention René Négol. Transféré le 23 mai sur Royallieu, évadé, il gagnera à pied le domicile familial. Arrêté de nouveau en gare de Lyon-Perrache le 1er août 1944, emprisonné place Bellecour, il est exécuté le 20 août à Saint-Genis-Laval.

Guyenjoan Jean. Aubergiste à Salies-du-Salat (Haute-Garonne), il est recueilli à Couvrot, convoyé sur Paris pour rejoindre Salies. Il s’agit peut-être de Jean Guilhem-Jouan, né en 1910, cité par la FMD.

Hochart Henri. Né à Paris en 1917, graveur en orféverie, il cache des juifs. Arrêté le 14 mars 1944 par des membres français de la Gestapo, emprisonné à Fresnes, il arrive à Royallieu le 25 mai. Blessé au-dessus de l’œil droit et aux genoux lors de l’évasion (avec Marissal), il rejoint, via Ambonnay, Reims puis Paris par le train, enfin l’Indre. Mort à Paris en 1994.

Jocteur-Monrozier Louis. Né à Gap en 1914, marié, père de trois enfants. Lieutenant de carrière, il est membre de l’ORA avec Argence. Arrêté avec lui le 21 avril 1944 à Toulouse, il servira, après son évasion, dans le Morvan, et terminera sa carrière comme lieutenant-colonel. Mort en Isère en 1987.

Krugell Raymond. Né à Strasbourg en 1906, instituteur dans la Sarre, lieutenant de réserve, il est fait prisonnier le 21 juin 1940 dans les Vosges. Passé par plusieurs oflags (il a refusé de devenir Allemand), il parvient à « acheter » une sentinelle pour faire évader des camarades. Confondu, transféré à Lübeck (camp de représailles), en juin 1942, il s’évade le 19 décembre de la même année avec le lieutenant Rondenay (qui sera fusillé en août 1944 et sera fait Compagnon de la Libération). Gagnant d’abord les Hautes-Alpes, travaillant pour le service de renseignements alliés (il se fixe en Bretagne), il est capturé le 21 avril 1944 dans les Pyrénées. Interné à Toulouse, il arrive à Royallieu le 15 mai. Après son évasion (il est réfugié à Couvrot avec Coustaud et Peltier), il reçoit le commandement de deux maquis FTPF de la Haute-Marne, puis sert dans les Commandos M dans l’Aube. Capitaine FFI, il commande la place de Bar-sur-Aube, puis sert à l’état-major de la 6e région militaire. Mort à Strasbourg en 1974.

Laborde Armand. Né à Aulnay-sous-Bois en 1922, monteur-soudeur à Paris, il est arrêté fin avril 1944 par la Gestapo. Evadé, ayant pris le train Châlons – Paris, il rejoint Saint-Etienne (304e bataillon FTP, 151e RI).

Lafforgue Pierre, né en 1915 à Bergerac. Fils de général, saint-cyrien, lieutenant, pris en 1940, il s’évade très rapidement. Affecté au Maroc (il est pris par les Américains), de nouveau capturé, en Tunisie, mais par les Allemands, il s’évade lors de son transfert en Italie. Affecté dans le renseignement à Nice, il succède au capitaine Morange arrêté dans le commandement d’un poste de renseignement, jusqu’au 22 avril 1944, date de sa capture. Arrêté à nouveau à Aix le 18 juin 1940, évadé, il sera abattu le 12 août 1944 à Signes (Var).

Lalanne. Originaire d’Agen. Ne figure pas dans la liste de la FMD.

Larribe Georges. Né en 1921 à Saint-Céré, entrepreneur de poste automobile rurale, il est arrêté le 11 mai 1944 à Saint-Céré. Retrouvera cette commune au cours du mois.

Le Meur Georges. Né en 1906 en Tunisie, prêtre à Maisons-Alfort, il est arrêté une première fois le 10 juin 1941. Libéré dix jours plus tard, impliqué dans la Résistance, l’abbé Le Meur est à nouveau appréhendé le 17 mars 1944. Emprisonné à Fresnes, interrogé par la Gestapo rue des Saussaies, il est transféré à Royalleu le 17 mai. Evadé, il sera recueilli par l’abbé Weber. Mort accidentellement en 1955 en Savoie, à 49 ans.

Mangès Pierre. Né à Nancy en 1914, fils de colonel, marié, père de famille. Spécialisé dans le renseignement en 1940, il sert dans le réseau Kléber. Affecté au secteur de Saint-Raphaël (Var), il est arrêté par la Gestapo, fin octobre 1943. Interné à Nice, à la prison des Baumettes à Marseille, il se foule une cheville en sautant du train. Arrêté après être entré en contact avec les gendarmes français, interné à Châlons, il est déporté à nouveau le 29 août 1944 pour Neuengamme. Mort dans ce camp.

Marchal Marcel. Né à Metz en 1911, marié, père d’un enfant, il se bat en 1940 dans les cuirassiers. Adjudant-chef, il sert dans l’organisation des Travaux Ruraux (TR), spécialisés dans le renseignement. Arrêté le 11 décembre 1943 à Marseille, emprisonné aux Baumettes, évadé, il rejoindra la Résistance dans la région de Bourgoin (Isère) et sera capitaine. Mort en 1972 à La Ricamarie (Loire).

Marissal Georges. Né à Vicq (Nord) en 1914, instituteur, arrêté, il s’évadera avec Henri Hochart.

Martin Jean. Né aux Essarts (Vendée) en 1910, marié, père d’une fille, il est garagiste à Paris. Ayant rejoint le réseau Jade-Fitzroy, il est arrêté à Saint-Gervais (93) mi-février 1944 en revenant d’un parachutage. Torturé, interné à Fresnes, c’est lui qui portait le morceau de scie à métaux – obtenu grâce à Michel Alliot, premier mari du ministre Michèle Alliot-Marie - qui servira à ouvrir le chemin de l’évasion. Blessé à la tête en sautant, recueilli par l’abbé Weber, il participera aux combats de Paris.

Morange Roger. Né à Saïgon en 1914, mort à Neuilly-sur-Seine en 1986. Polytechnicien, officier d’artillerie, il est blessé dans la Marne en juin 1940. Membre du contre-espionnage au Maroc, puis à Marseille, dit « Mordant », il est arrêté dans la cité phocéenne le 11 décembre 1943 (il est blessé à la cuisse par le traître « Lunel »). Torturé, il essaie à deux reprises de s’évader, et sera transféré le 30 mai 1944 à Royallieu. Recueilli à Vitry-le-Français après son évasion, il prend l’Express de Paris et participera à la libération de la capitale.

Négol René. Né à Narbonne en 1926. Requis, employé dans une carrière, il est arrêté le 13 mai 1944. Interrogé à Narbonne, emprisonné à la caserne Lapérine à Carcassonne, il sera l.égèrement blessé à la main droite en sautant du train. Marchant avec trois camarades jusqu’à Vandéléville, il prend le train à Neufchâteau pour Dijon. Rejoindra le maquis de Corlay (Saône-et-Loire) puis l’armée de Lattre.

Noël Yves. Lieutenant, il accompagnera Lafforgue et Marchal en train jusqu’à Lyon via Paris.

Peltier Marcel. Né à Invelle (Haute-Saône) en 1906, sous-lieutenant au 152e RI en 1940, il œuvre dans le renseignement à Clermont-Ferrand. Agent de liaison de l’ORA, il opère dans toute la France. Il est arrêté le 29 mars 1944 à Vichy, interné à Clermont, transféré le 18 mai à Royallieu. Après son évasion, il rejoint la Haute-Saône via Chaumont (où il a de la famille), et servira au maquis de Traves puis au 60e RI. Mort à Vesoul en 1990.

Pfeiffer d’Osmont Geoges. Né en 1910 à Saint-Dié. Il sera recueilli par l’abbé Weber.

Thoraval François. Né à Bourbriac (Côtes-du-Nord) en 1913, marié, domicilié à Brévannes (Seine-et-Oise), infirmier à l’Assistance publique. Membre des FTPF, il est arrêté début 1944 après un sabotage de voie ferrée. Emprisonné à La Santé, à Fresnes, il est transféré à Royallieu. Son beau-frère, déporté avec lui, ne saute pas et sera porté disparu à Neuengamme. Lui participera à la libération de Brévannes. Mort en 1984.

Jean-Marie Chirol a par ailleurs retrouvé la trace de deux évadés qu’il ne pourra toutefois identifier : l’un qui se blesse légèrement en sautant du wagon et qui gagnera Reims, l’autre qui est touché à une cheville et qui sera hospitalisé à Vitry-le-François sous le nom d’Arthur Marchand, 18 ans.

De son côté, la FMD, qui a recensé 2 064 déportés grâce à un formidable travail de recherches, signale 23 évadés (dont deux à la frontière allemande). Le destin de 17 d’entre eux a été conté par Jean-Marie Chirol. Elle ne cite pas Louis Argence, et précise pour Cosmas (sic), Laforgue, Négol, Galan que le sort de ces déportés n’est pas connu. Une particularité : le Livre-mémorial de la Déportation par mesure de répression rapporte, dans ce train, la présence de Jean Rehm… qui est en fait la fausse identité de Raymond Krugell, dont le nom figure par ailleurs dans la liste.

En revanche, la Fondation donne trois nouveaux noms d’évadés :
. Adolphe Dhuy, né dans la Somme, évadé à Togny-aux-Bœufs (Marne) ;
. Léonard Hounau ;
. Michel Lebelle, né en 1924 à Billancourt (Oise).

Ces compléments alors inconnus de M. Chirol permettraient donc l’identification de 35 de ces 45 évadés. Qu’en ce jour anniversaire de leur formidable exploit un hommage leur soit rendu par ces modestes lignes.

PS : à noter encore que dans ce train étaient convoyés Lucien Hornebeck, futur employé SNCF à Saint-Dizier, Marcel Oudot, de Corgirnon, et René Pajot, ancien représentant du Bureau des opérations aériennes en Haute-Marne, tous revenus de Neuengamme.

mardi 1 juin 2010

Les publications de Jean-Marie Chirol et du club Mémoires 52 depuis 1990

. « Journal dessiné de Charles Royer » (1990) ;
. « L’épopée de dix aviateurs alliés » (1991) ;
. « Georges Weber, sergent-chef, 1916-1940 (1991) ;
. « 17 novembre 1942, à Consigny » (1992) ;
. « Si Robinson m’était conté, les débuts de l’aviation, à Saint-Dizier, 1910-1914 » (1992) ;
. « 17 septembre 1942, à Blesme » (1992) ;
. « Une Haut-Marnaise, Louise Michel » (1993) ;
. « Mussey-sur-Marne, 15 avril 1943 » (1993) ;
. « Héros haut-marnais de Normandie-Niémen, Léo Barbier » (1993) ;
. « Trois bombardiers de la RAF abattus en Haute-Marne » (1994) ;
. « 1944 en Haute-Marne » (mai 1994) (épuisé) ;
. « Des Haut-Marnais déportés et internés » (1995) (épuisé) ;
. « Un « as » de l’aviation, Louis Massotte, 1906-1937 » (1996) ;
. « Sur les chemins de l’enfer, l’évasion de 45 internés de Compiègne en partance pour Neuengamme » (1996) ;
. « 1939-40 en Haute-Marne. Août 1939 - 9 mai 1940 » (1997) ;
. « Mémorial des juifs en Haute-Marne, 1941-44 » (1997) ;
. « La JOC de Haute-Marne, 1930-40 » (1998) ;
. « La JOC de Haute-Marne, 1940-44 » (1998) ;
. « Jeudi noir pour les juifs en Haute-Marne, 27 janvier 1944 » (1998) ;
. « 1940 en Haute-Marne, 10 mai – 31 décembre 1940 » (2000) ;
. « 1941 en Haute-Marne » (2001) ;
. « 1944 en Haute-Marne », 2e édition (2004) ;
. « Déportés et internés de Haute-Marne », 2e édition revue et corrigée (2005) ;
. « Roger Michelot, un Bragard champion olympique de boxe » (2008).